En Tunisie, la démission du premier ministre aggrave la crise politique

En Tunisie, la démission du premier ministre aggrave la crise politique

Elyes Fakhfakh était sous la pression du parti islamo-conservateur Ennahda, qui avait mis en avant des soupçons de conflit d’intérêts pour tenter de le censurer.

Le chef du gouvernement tunisien, Elyes Fakhfakh, a présenté sa démission, hier, à la demande du président, Kaïs Saïed. Ce social-démocrate de 47 ans aura ainsi assumé l’un des mandats les plus brefs depuis la révolution de 2011 : cinq mois seulement.
La requête de Kaïs Saïed ne tient pas d’un désaveu vis-à-vis d’un chef de gouvernement qu’il avait lui-même choisi. Pour le chef de l’Etat, il s’agit surtout de prendre de court le parti islamo-conservateur Ennahda, membre de la coalition gouvernementale, mais dont certains élus avaient lancé une motion de censure contre Elyes Fakhfakh. Si celle-ci avait été adoptée, c’est le parti dirigé par Rached Ghannouchi, actuellement président du Parlement, qui se serait arrogé le droit de nommer son successeur. Kaïs Saïed conserve donc cette prérogative.